« In the Garden » : quand une collection de papiers peints donne (vraiment) envie de printemps

Ces derniers jours, la presse a remis en avant le “Blue Monday”, comme un symbole du creux de l’hiver. J’y vois surtout un repère de calendrier assez utile : c’est précisément le moment où l’on commence à en avoir assez du gris, et où l’on ressent ce besoin très simple de remettre du vivant chez soi. Plus de lumière, plus d’air, plus de fraîcheur. En clair : l’envie de printemps, même si le printemps n’est pas encore là.

Ce mouvement-là se traduit presque toujours par des gestes concrets. On trie, on allège, on réorganise, on aère. Et très souvent, on a envie de changer une couleur ou un mur, parce que c’est l’intervention la plus rapide pour transformer l’atmosphère d’une pièce. C’est aussi, côté immobilier, une période charnière : beaucoup de projets se préparent maintenant pour être prêts quand le marché du printemps s’accélère. Un intérieur plus harmonieux, plus lumineux, plus cohérent, ce n’est pas seulement agréable au quotidien ; c’est aussi ce qui facilite la projection quand une vente se profile.

Ceux qui me connaissent savent que j’ai un faible pour les maisons anglaises de la couleur et du motif, comme Farrow & Ball et Little Greene, justement pour leur capacité à créer cette impression de “maison qui respire” : des teintes indémodables, élégantes, avec une touche d’originalité jamais trop démonstrative.

Et l’actualité tombe parfaitement : Little Greene vient de lancer “In the Garden”, une nouvelle collection de papiers peints créée avec le National Trust, la grande fondation britannique qui protège des demeures historiques, des jardins et des paysages remarquables. Huit motifs inspirés de jardins, pensés pour s’accorder finement avec leurs peintures : l’idée est simple, et très juste pour la saison. Faire entrer le printemps à l’intérieur, avec élégance.

 
 

Mes coups de coeur

Je vous partage mes coups de cœur de cette nouvelle collection, avec un regard d’agent immobilier et des conseils de placement très concrets : la pièce, le bon mur, et l’exposition qui met réellement le motif en valeur.

 

Magnolia Blossom (coloris Hopper) fonctionne particulièrement bien sur un seul pan de mur, en salle à manger ou dans un bureau. Associé à un mobilier scandinave en teck foncé, il prend immédiatement une dimension plus architecturale : le bois apporte de la profondeur, réchauffe les verts et donne un contraste élégant, très intemporel.

Dans cette configuration, une exposition Nord ou Est reste idéale pour conserver une lumière douce et garder l’ensemble apaisant, sans durcir les teintes.

 

Castle Garden (coloris Tea with Florence), est une vraie fresque : elle apporte instantanément de la profondeur et une sensation de “voyage”. C’est un papier peint qui se suffit à lui-même, à condition de lui offrir un mur dégagé et un peu de recul. Je le vois très bien dans une salle à manger, un bureau ou un salon, sur le mur principal que l’on découvre en entrant.

Côté lumière, une exposition Est ou Ouest est idéale : le matin, la palette paraît plus fraîche et lumineuse ; en fin de journée, elle devient plus enveloppante. Pour l’accompagner, le plus élégant est de rester sobre : des murs dans un blanc cassé très doux ou un gris clair minéral, et quelques rappels discrets de bleu grisé ou de vert profond sur un détail (boiseries, une porte, une bibliothèque). En visite, c’est le genre de décor qui marque les esprits, parce qu’il raconte immédiatement une histoire, sans effort.

 

Lily Pads (Colors Hicks’ blue") est plus audacieux, mais très maîtrisé : une profondeur presque nocturne, des verts bleutés sophistiqués, et ces touches de fleurs qui apportent juste ce qu’il faut de vie. C’est un papier peint qui fonctionne mieux quand il devient un décor, pas un simple fond. Je le vois idéalement sur un seul mur, dans un salon, une salle à manger, ou un bureau, avec du recul et une pièce plutôt bien proportionnée.

Côté exposition, l’Ouest est particulièrement flatteur : la lumière de fin de journée réchauffe la palette et évite l’effet “trop sombre”. Au Nord, il devient plus feutré, très élégant, à condition d’avoir un bon éclairage le soir. Pour l’accompagner, rester simple est la clé : des murs clairs, plutôt ivoire ou gris très doux, et des matières chaudes pour équilibrer, comme le bois foncé, le cuir, le laiton, ou même une touche de bronze. En visite, c’est typiquement le papier peint “waouh” qui marque, parce qu’il crée une vraie signature de pièce, sans tomber dans le décoratif facile.

 

Rose Garden (coloris French Grey), ce motif “roses sur pierre” a un charme immédiat : il apporte du relief et une touche romantique, mais le fond minéral le garde très contemporain. Je le vois bien sur un pan de mur de chambre (derrière une tête de lit), dans un bureau, ou même dans une salle d’eau lumineuse, là où l’on veut une atmosphère fraîche et raffinée sans surcharger l’espace.

Pour la lumière, une exposition Est est idéale : le matin réveille les bleus et les jaunes, et le reste de la journée reste doux. Au Nord, il devient plus poudré, très élégant, à condition d’avoir un bon éclairage le soir. À associer avec des teintes minérales, gris-vert très doux, qui font le lien entre l’ancien et le contemporain. Ce type de “gris français”, légèrement vert, fonctionne incroyablement bien dans des intérieurs modernes, parce qu’il apporte de la profondeur sans refroidir, et qu’il accepte aussi bien le bois clair que le métal noir ou le laiton.

 

Rhododendron Walk (Hick’s blue), dans ce bleu profond, est un papier peint “cocon” : il enveloppe, il structure, et il donne immédiatement une impression de pièce aboutie. Je le vois parfaitement dans une chambre, un bureau, ou un salon bibliothèque, plutôt sur un seul mur (tête de lit, mur du canapé, fond de bibliothèque) pour garder l’effet chic sans assombrir. Dans un couloir ou des WC, il devient même un excellent choix : une pièce de passage est l’endroit idéal pour oser un décor plus intense, à condition d’avoir un éclairage soigné.

La meilleure lumière, selon moi, c’est l’Ouest ou le Nord : à l’Ouest, les fins de journée réchauffent le bleu et révèlent les détails ; au Nord, l’ambiance devient plus feutrée, très élégante, à condition de prévoir un bel éclairage le soir. Pour l’accompagner, on reste sur des teintes très calmes : un blanc doux, des gris bleutés, et quelques touches plus sombres en rappel (porte, boiseries) pour donner un côté “maison de caractère” sans en faire trop. En visite, c’est typiquement le décor qui rassure : on sent une intention, une cohérence, et un intérieur plus haut de gamme.

 

May’s Tulip (coloris Indian yellow), dans ce jaune lumineux, est le papier peint “bonne humeur” de la collection : il réchauffe instantanément une pièce et donne une énergie très solaire, tout en gardant la finesse Arts & Crafts dans le dessin. Je le vois parfaitement dans une entrée, une montée d’escalier, une cuisine ou des WC, partout où l’on cherche un impact immédiat sans alourdir.

Et il peut aussi être superbe en total look, sur tous les murs d’une salle à manger exposée Nord : le jaune joue alors le rôle de lumière, compense la fraîcheur naturelle de l’exposition et crée une atmosphère chaleureuse, très “maison de campagne anglaise”, avec un effet waouh garanti. On y devine même, par moments, un petit écho à l’univers de Monet, dans cette façon d’utiliser le jaune comme une lumière plus que comme une couleur. Pour que cela reste chic, il suffit de calmer le reste avec des teintes très claires et des matières naturelles, en laissant le papier peint faire le décor.

 

Si vous voulez découvrir l’ensemble des motifs et des coloris, la collection “In the Garden” est présentée très clairement sur le site de Little Greene, avec des mises en scène et des harmonies de teintes bien pensées.

Et côté immobilier, c’est souvent ce type de détail juste qui fait la différence : un intérieur cohérent, lumineux et assumé se retient mieux en visite, et se projette plus vite.

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